Session du Grand Conseil – les 28 et 29 août 2025
1 septembre 2025 – La session du Grand Conseil des 28 et 29 août 2025 a permis aux députés du Centre de mettre en avant des mesures pour répondre aux inquiétudes et difficultés que vivent nos gendarmes et policiers à travers une motion demandant une vraie réforme de l’organisation de notre police. Le Centre a aussi présenté une aide exceptionnelle en faveur des viticulteurs et des agriculteurs genevois sous forme de bons d’achat pour les restaurateurs qui se fournissent auprès des producteurs locaux.
Redonnons à la police les moyens de sa mission
Dix ans après l’adoption de la loi sur la police, les limites du système sont criantes. Sous-effectifs, lourdeurs administratives, formation inadaptée et délais d’intervention toujours plus longs deviennent le quotidien de notre police. La réforme de 2022, censée ramener la formation cantonale et rééquilibrer les effectifs, est restée lettre morte : la Police judiciaire manque cruellement de relève et la Gendarmerie peine à assurer ses missions de base.
Ces dysfonctionnements entraînent des conséquences directes sur la sécurité : enquêtes retardées, victimes mal accompagnées, et des gendarmes et des enquêteurs épuisés, rappelés sur leurs congés et freinés dans leurs missions essentielles.
La motion M 3148 déposée par les députés du Centre propose de corriger le tir : garantir qu’au moins 20% des aspirants sortant de la formation soit orienté vers la police judiciaire (contre 10% aujourd’hui), avancer le retour de la formation à Genève, réduire la bureaucratie et les strates hiérarchiques des unités ultraspécialisées et travaillant en silo et redéployer les effectifs vers les missions essentielles que sont les interventions urgence/secours et les enquêtes judiciaires.
Le Centre souhaite favoriser une police réactive, proche de la population et capable de garantir pleinement la sécurité des Genevois. Malheureusement le Grand Conseil n’a pas accepté d’entendre l’urgence de la situation, ni l’appel du syndicat de la police judiciaire en renvoyant la motion en commission.
Un coup de pouce aux boissons genevoises et à la restauration
Le Grand Conseil a adopté un projet de loi (PL 13674) déposé par Le Centre demandant une aide exceptionnelle de 1,1 million de francs pour soutenir à la fois la restauration et la consommation de boissons genevoises. Concrètement, les hôtels, restaurants, cafés et traiteurs recevront un bon de 200 francs par tranche de 1’000 francs d’achats de boissons locales – jus, sirops, infusions, laits, bières, cidres ou vins – auprès de producteurs et distributeurs du canton.
Cette mesure vise à répondre aux difficultés de ce secteur économique, frappé de plein fouet par la baisse de fréquentation et la hausse des coûts, tout en soutenant les producteurs locaux confrontés à une chute inquiétante de la consommation de vins et de boissons régionales. Elle sera mise en œuvre par l’OPAGE, qui assurera également une campagne de promotion pour encourager les Genevois à (re)découvrir la richesse de leur terroir.
Cette mesure en faveur de nos agriculteurs a été largement soutenue au Grand-Conseil (61 OUI).
De plus, les députés du Centre ont soutenu deux résolutions (R 1071 et R 1072) à destination de la Berne fédérale ayant pour objectif de modifier le système d’importation de vins en adaptant annuellement le contingent tarifaire pour le vin à la consommation et à la production de vin en Suisse. En effet, la montée en gamme des vins suisses, appuyée par la qualité de la formation de nos artisans et le respect de standards de production stricts, renforce la nécessité d’augmenter la part de marché des vins consommés en suisses. La seconde résolution demande de revoir rapidement les règles d’attribution du contingent tarifaire pour le vin. Les parts devront désormais être accordées en priorité aux acteurs qui soutiennent directement la production suisse, comme le prévoit l’article 22 de la LAgr.
Genève débloque 20 millions pour protéger les recycleurs contre les incendies
Le Grand Conseil a adopté un projet de loi (PL 13654-A) ouvrant un crédit d’investissement de 20 millions de francs destiné à renforcer la sécurité des centres de recyclage face aux risques d’incendie. Ces sinistres, causés la plupart du temps par la présence de piles et batteries au lithium dans les déchets, se multiplient depuis quelques années et mettent en péril des entreprises essentielles à la gestion des déchets. Le crédit permettra de financer l’acquisition de systèmes de détection et d’extinction modernes, comme des caméras thermiques ou des dispositifs d’extinction, afin de protéger les infrastructures et les employés. Cette mesure vise à sécuriser une filière qui traite chaque année près de 500 000 tonnes de matériaux et qui, sans soutien, sera rapidement incapables de faire face aux coûts causés par les sinistres et l’explosion des charges d’assurance.
Ce projet interpartis a réuni une large majorité au Grand Conseil, consciente du caractère nécessaire et urgent de la mesure.
La puff de discorde : pour en finir avec un fléau sanitaire et écologique !
Les puffs – ces cigarettes électroniques jetables aux arômes sucrés – séduisent de plus en plus de jeunes. Derrière leur image ludique et inoffensive, elles exposent pourtant à une forte dépendance à la nicotine et à des risques pour la santé respiratoire, tout en facilitant le passage vers la cigarette traditionnelle. Leur caractère jetable en fait aussi un véritable problème environnemental, chaque puff abandonnée contenant plastique et batterie au lithium.
Les députés du Centre ont voté l’interdiction de la vente des puffs sur l’ensemble du territoire genevois en attendant une interdiction fédérale (PL 13580-A). Cette volonté politique d’en finir avec ce fléau sanitaire et écologie a trouvé une quasi-unanimité au Grand Conseil qui a demandé la clause d’urgence pour cette mesure importante.
