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Prise de position du Centre sur les objets soumis en votation le 8 mars 2026

16 décembre 2025 – Le Centre a tenu mercredi dernier, le 10 décembre, une assemblée des délégués à Plan-les-Ouates pour prendre position sur les objets des votations du 8 mars 2026.

Refus net de l’initiative « l’argent liquide, c’est la liberté » et oui au contre-projet

Cette initiative entend bouleverser le cadre actuel en imposant à la Confédération l’émission généralisée de la monnaie pleine physique ainsi que la garantie d’approvisionnement en billets. Le contre-projet reprend l’esprit du texte en inscrivant dans la Constitution les garanties déjà prévues aujourd’hui par la loi. Au cours de la discussion, l’importance de l’argent liquide a été rappelée, notamment en cas de crise et pour garantir une indépendance vis-à-vis des systèmes numériques. Néanmoins, l’argent liquide n’est aujourd’hui pas menacé en Suisse et sa suppression ne pourrait de toute manière pas être décidée sans l’aval du peuple. Les délégués ont rejeté l’initiative par 47 Non, 8 Oui et 7 abstentions, et ont accepté son contre-projet par 37 Oui, 15 Non et 10 abstentions. Le contre-projet a logiquement été privilégié pour la question subsidiaire.

 

Redevance SSR, une initiative trompeuse aux lourdes conséquences

L’initiative « 200 francs, ça suffit » veut réduire drastiquement la redevance radio-TV versée à la SSR et aux médias audiovisuels régionaux. Derrière un slogan séduisant, le texte affaiblirait profondément le service public audiovisuel suisse, en particulier dans les régions périphériques et auprès des minorités linguistiques, avec un réel impact sur la cohésion nationale. Une coupe de cette ampleur mettrait en danger l’offre d’information indépendante, la couverture des enjeux démocratiques, le sport et la culture, tout en accélérant les suppressions d’emplois déjà annoncées. Elle renforcerait aussi la dépendance aux financements privés et aux algorithmes des plateformes, au détriment d’une information fiable et accessible à tous. Les délégués ont rejeté cette initiative à l’unanimité.

 

Un large soutien à l’initiative pour un fonds climat

L’initiative « pour une politique énergétique et climatique équitable » vise à créer un fonds national doté chaque année de 0,5 % à 1 % du PIB. L’objectif est de garantir sur le long terme des investissements massifs et continus pour la transition énergétique : rénovation des bâtiments, développement des énergies renouvelables, soutien à la mobilité propre, adaptation aux effets du changement climatique et innovations technologiques. Ces investissements profiteraient également à l’économie et à l’industrie. Ce fonds ne serait pas soumis au mécanisme du frein à l’endettement et sortirait donc du budget ordinaire de la Confédération. Avec son très faible niveau d’endettement, la Suisse a clairement la capacité d’emprunter massivement sur les marchés pour accélérer sa transition énergétique. Plusieurs de nos jeunes délégués se sont exprimés en ce sens, et une large majorité de l’assemblée a considéré qu’il fallait donner un signal fort pour l’avenir. L’initiative a été acceptée par 50 Oui, 7 Non et 5 abstentions.

 

Un non clair à l’imposition individuelle

Avec cette réforme, chaque adulte serait imposé séparément, qu’il soit marié ou pas. L’objectif est à la fois d’abolir une forme de « pénalisation du mariage » et d’aligner le système fiscal sur les évolutions sociétales. Les enjeux sont considérables, car une imposition strictement individuelle modifierait en profondeur le système fiscal fédéral, cantonal et communal. Ce système créerait de nouvelles inégalités en pénalisant les couples mariés avec un seul revenu ou des revenus très différents, ainsi que les personnes seules sans enfants. L’imposition individuelle revient donc à supprimer une injustice en en créant une nouvelle, en particulier à Genève, où le « splitting » est déjà en vigueur. À la suite de la discussion, les délégués ont clairement rejeté cette loi par 47 Non, 2 Oui et 10 abstentions.

 

Une quasi-unanimité pour soutenir les « jobs d’été »

La modification de la loi sur l’inspection et les relations du travail (LIRT) vise à préserver les jobs d’été pour les jeunes à Genève. L’introduction du salaire minimum a rendu leur maintien presque impossible, car les entreprises, les communes et les institutions ne peuvent plus engager des jeunes sans réelles qualifications et de manière ponctuelle à un tel coût. Économiquement, ce n’est pas tenable. Cette révision crée donc un cadre clair et proportionné pour ces contrats saisonniers, afin d’éviter leur disparition. Les enjeux sont simples : les jobs d’été offrent une première expérience professionnelle essentielle pour les jeunes et renforcent leur autonomie financière. Les délégués ont très largement soutenu ce texte par 56 Oui, 2 Non et 1 abstention.

 

Contacts :

Philippe Rochetin, président

Vincent Gillet, secrétaire général

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