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Oui au renforcement de Frontex

« En cas de refus de la hausse de notre contribution, notre participation à l’accord Schengen/Dublin deviendrait caduque et notre sécurité mise en danger.»

En juin 2005, le peuple suisse a accepté d’adhérer aux accords de Schengen/Dublin dans le cadre du développement de la voie bilatérale avec l’Union européenne. Ainsi, depuis 2008, notre pays est associé à l’accord de Schengen. Cet accord a pour but de faciliter les déplacements entre États membres grâce à la suppression des contrôles des personnes aux frontières et la création d’instruments de sécurité communs. En contrepartie de cette suppression, les contrôles sont renforcés aux frontières extérieures de l’espace Schengen.

Créée en 2004 à l’initiative des États membres de l’Union européenne, l’agence européenne des garde-frontières et garde-côtes (Frontex) est devenue le bras opérationnel de la politique de contrôle aux frontières extérieures. L’agence est chargée d’aider les États Schengen dans leurs contrôles aux frontières extérieures communes au moyen d’opérations conjointes et d’interventions rapides, d’analyses des risques et d’échanges d’informations. En tant que pays associé à l’accord de Schengen, la Suisse participe pleinement aux activités de l’agence Frontex depuis 2011.

Le 15 mai prochain, nous sommes appelés à nous exprimer sur le renforcement de cette participation d’ici à 2027 en l’augmentant de 25 à 61 millions de francs et en mettant à disposition 39 experts permanents contre 6 actuellement. En cas de refus de la hausse de notre contribution, notre participation à l’accord Schengen/Dublin deviendrait caduque et notre sécurité mise en danger en devenant une île au cœur du continent.

Il est important de rappeler que nos policiers et garde-frontières consultent quotidiennement plus de 300’000 fois la base de données d’information Schengen qui référence les individus recherchés par les services de police européen. L’accord de Schengen est ainsi devenu un pilier central de notre politique de sécurité notamment pour les cantons frontaliers.

Pour justifier leur refus, les opposants venus de la gauche pointent certains actes contraires aux droits fondamentaux commis par certains agents de Frontex. Ces actes condamnables ont cependant toujours été pris au sérieux tant par l’Agence que par le parlement européen qui a proposé des recommandations fermes quant au renforcement de certains principes en matière de droits humains. Quarante observateurs dont deux Suisses sont par ailleurs d’ores et déjà prévus pour surveiller le travail de l’agence et devront documenter d’éventuelles atteintes aux droits fondamentaux.

Dans ce contexte, il est néanmoins important de rappeler que l’agence Frontex a sauvé 350’000 vies grâce à ses opérations en Méditerranée entre 2015 et 20201. C’est enfin une erreur d’opposer la protection des frontières et les droits des migrants comme le font certains opposants. Le développement de l’agence Frontex n’est en rien contradictoire avec une politique d’accueil généreuse des pays européens comme l’illustre aujourd’hui l’accueil de plusieurs millions d’Ukrainiens. Ce sont d’ailleurs des agents de Frontex qui œuvrent en ce moment en Pologne pour assurer un accueil digne des personnes fuyant le conflit.

En matière de sécurité, les États ont toujours la politique de leur géographie. Dans le monde interconnecté qui est le nôtre, ce qui se passe aux frontières de la Grèce, de l’Italie, de la Slovaquie ou de la Pologne nous concerne tout autant que ce qui se déroule à nos propres frontières nationales. C’est à un devoir de solidarité envers nos partenaires européens auquel nous sommes appelés le 15 mai prochain. En votant Oui, nous réaffirmerons ainsi notre ancrage européen et par une politique de sécurité crédible, notre attachement à la liberté d’y circuler.

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